Courant Septembre, Oleg Tscheltzoff a lancé Citizenbay. L’idée nouvelle était de rémunérer les auteurs au mérite sur la base du vote des internautes.
Maintenant, c’est à Gmiix de sortir un Digg like rémunérant les auteurs des posts. (vu sur Accessoweb notamment).
Que dire de cette tendance ?
Reconnaissance de la valeur ajoutée
Donner de l’argent au créateur du contenu, cela sanctionne la valeur qu’on y accorde. On achète un journal, on le crédibilise, on saisit un gratuit dans un hall de gare et on l’abandonne volontiers sur le siège du métro. De plus, si on souhaite maintenir une offre diverse et de qualité dans la presse, on comprend vite qu’il faut faire vivre les journalistes.
Motivation des utilisateurs
A mon avis, un des éléments clés, est de chercher ce qui motive un utilisateur à poster un billet : notoriété, image, besoin d’expression (voir ses idées représentées sur la toile), diffusion de la connaissance, revenus directs (payé à la pige) ou indirects (audience d’un site par exemple).
En réalité, en créant une offre de sites rémunérateurs, on risque de faire basculer les motivations de certains depuis l’altruisme vers le revenu. Ce qui n’était pas forcément attendu par les contributeurs eux-même et qui aura sans aucun doute une influence sur la qualité ou la nature des contenus produits. En mal mais peut-être aussi en bien
Car finalement, tout un panel de lecteurs peut également devenir contributeur par attrait financier puis verser ensuite dans l’altruisme.
Taille critique
Pour tout lancement d’un site communautaire, il y a la problématique de la taille critique : si vous avez suffisamment de contenu, le service est utile, sinon, il ne ne présente aucun intérêt.
Le fait de regrouper des utilisateurs qui veulent monnayer leur savoir faire ou leur production d’auteur permet d’augmenter la taille critique en préservant les opportunités de revenus pour chacun.
Ainsi, un groupement de personne aura une audience supérieure à la somme des audiences individuelles. Il pourra même vendre chaque lead bien plus cher qu’un individu isolé.
Qualité des contenus
On voit bien que l’émergence des journaux gratuits sur Internet ou dans les stations de Métro, tendent à diffuser de l’information très succincte et donc peu propice à l’investigation de fond. On comprend vite quand on veut faire de l’audience et donc du revenu qu’il vaut mieux publier beaucoup de billets courts et vite faits que de se donner la peine de construire une analyse et une argumentation. C’est bien le dilemme actuel de la presse écrite.
De plus, se pose la problématique de la modération. Peut-on se fier vraiment à la modération par les utilisateurs entre eux ?
Je ne crois pas que le fait de rémunérer les auteurs va augmenter la qualité des contenus, au contraire.
Revenus et alternatives
Qui a déjà essayé de monétiser un blog a déjà constaté que ce n’est pas si facile de gagner de l’argent sans dénaturer le service, lorsqu’on est dans un modèle purement publicitaire.
Chacun aujourd’hui est libre de publier son propre blog et de le monétiser seul, en toute liberté. Mais il restera seul et isolé, son audience aura du mal à décoller. Par contre, si cela se produit, il conservera tout le bénéfice de son travail.
Nul doute, donc que les meilleurs préfèreront rester indépendants, les moins bons se rallier au groupe. Ce qui ne va pas dans le sens de l’émergence de la qualité au sein du groupe. Dès qu’un d’eux sort du lot, il est tenté de faire cavalier seul.
Le modèle de redistribution
Vient donc la question épineuse de comment redistribuer les revenus.
En réalité, les modèles 100% publicitaires de beaucoup de services Web 2.0 sont très très fragiles. Et l’option d’en redistribuer une partie augmentera mécaniquement le risque. Cela dit, si ce modèle marche et émerge, mieux vaut gagner moins tout de suite, que de disparaître purement et simplement.
Tout le challenge sera de créer un modèle qui permet :
- de donner envie de s’améliorer aux nouveaux ou aux mauvais
- de motiver les meilleurs à rester dans la boucle
- de convertir les lecteurs en contributeurs
Conclusion
Observons donc l’évolution de ces initiatives et des autres qui vont suivre. C’est intéressant d’essayer cette voie. Je crois que les modèles économiques de demain restent encore à être inventés pour pérenniser les nouveaux services utiles du Web 2.0. On explore aujourd’hui comment motiver les contributeurs mais pas assez comment faire entrer les lecteurs dans la boucle économique.
Dans ce domaine, j’imagine bien un Yahoo Answers (ça cartonne, ils ont même tué Google Answer !) où les gens paieraient pour poser des questions et les autres seraient payés pour y répondre. Une sorte de gigantesque marché planétaire du conseil. Wengo s’engage dans cette voie avec son service Wdeal. Mais ce sera l’objet d’un prochain post.







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