Dynamiseur de projets internet
Contact: 0 6 2 2 7 8 8 0 8 6

La valorisation de Facebook remise sur le tapis. Pipeau ?

Une bourde administrative grotesque décrite par Eco89, a permis à la presse de connaitre la valorisation définie pour régler le litige entre Mark Zuckerberg et ses trois amis de l’université. Le premier a fondé Facebook et les 3 autres un site ConnectU que Zuckerberg aurait odieusement copié pour créer Facebook.

Ce qui me choque ce n’est pas tellement ces histoires de valorisation astronomique et complètement décalée par rapport à la réalité. Qu’on parle de 4 ou 16 Md $, dans tous les cas, c’est trop. Si les estimations proposées sont justes (aucune garantie là dessus, ça peut être plus ou moins, d’ailleurs), Facebook générerait de l’ordre de 250 M$ / an, avec des coûts très élevés également. 170 M utilisateurs quotidiens (connexions, photos, vidéos), ça coûte !

Difficile de valoriser même à 4 Md $. La valorisation est donc basée sur le potentiel de l’entreprise. Sa capacité à exploser. Mais le modèle économique n’est pas encore trouvé, leur soi-disant publicité hyper-ciblée, ne semble pas tenir ses promesses (même si c’est très difficile de trouver des infos fiables sur le sujet).

D’ailleurs si Twitter n’a pas accepté l’offre de Facebook de rachat en actions, c’est bien la preuve, qu’entre geeks américains, on se comprend, ces valororisations c’est du virtuel… Le cash, il n’y a que ça de vrai.

Quant à la valorisation à 16 Md$ suite au rachat par Microsoft de 1,6% du capital pour 240 M$, ce qui me choque, c’est bien qu’on ne parle pas du deal commercial entre les deux sociétés qui est indissociable de la prise de participation au capital ! Si la valorisation de 4 Md$ est juste et bien positionnée dans le temps, cela signifierait que le deal avec Microsoft serait de 180 M$ pour l’exclusivité commerciale de la publicité et 60 M$ pour la valorisation des 1,6%.

Si l’on ajoute à cela que Microsoft est en train de perdre la bataille de l’Internet et que 240 M$ sont peu de choses pour cette société, on voit qu’il n’est pas évident que les marchés paieraient aussi cher que ce qu’est prêt à payer Microsoft.

Pour finir, une petite comparaison avec la réalité du business. General motors était valorisée à 25 Md$ avant la crise à 1,2 Md$ aujourd’hui, j’ai du mal à penser que Facebook ait une valeur supérieure 😉 D’ailleurs, je ne vois pas pourquoi Facebook serait épargné par la crise.

Si on compare à Google, selon Comscore, Google touche 775 M VU, Facebook 222 M (au passage, on voit mal comment faire 222M VU avec un site qui a 170M utilisateurs et qui ne sert à rien sans être connecté…) . Soit un rapport de 3,5 en termes d’audience en Google et Facebook. Au niveau des revenus, Google affiche 21 800 M$ de CA soit 28$ de CA / VU ( 4227 M$ de bénéfices en 2008, soit 5,5$ de bénéfice / VU ). Facebook ferait (selon ECO89) 250 M$ de CA soit 1,1 $ de CA / VU.

On arrive à un ratio de 25 en terme de CA / VU, Google vaut 121 Md $ aujourd’hui. 121/25= 4,8Md $, la boucle est bouclée, c’est merveilleux l’arithmétique. Pas la peine de faire des études pour valoriser Facebook !

Note: j’ai volontairement oublié de dire qu’il n’y a aucune garantie que le trafic de Facebook rejoigne un jour celui de Google, mais bon sinon, si on est précis, on ne retombe pas sur les bons chiffres, ce n’est pas drôle 😉

Via Jean Véronis

Articles du blog