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Pourquoi Apple refuse Flash de Adobe sur l'iphone

Comme à son habitude, Steve Jobs sait créer la controverse et alimenter le buzz.
Pourquoi cette agressivité contre Adobe et Google ? pourquoi empêcher l’usage de Flash sur l’iPhone ?
Au lancement de l’iPhone, il a été acclamé par certains et décrié par d’autres, mais il a quand même représenté pour Orange 77% des ventes de mobiles avec abonnement pendant la période de Noël 2009…
Après son annonce en grandes pompes il y a quelques jours, l’iPad a été bien sûr décrié et acclamé, ce qui est du pain béni pour Apple qui dispose ainsi d’une visibilité médiatique gratuite incroyable.
Mais notre Steve Jobs ne s’est pas arrêté là. Il affiche ses ambitions jusqu’à renier et provoquer les géants du Web pour montrer qu’il joue à égalité. Avec la volonté de frapper fort et loin.
Il attaque Google et Adobe, en frontal. [Voir aussi l’article de Wired en anglais, controversé depuis, notamment pour la partie « The mantra « Don’t be evil » is bullshit » qui ne serait pas les propos exacts de Steve Jobs, hélas j’ai perdu le lien en référence à ce point]

Pour lui, Flash ne mérite d’être ni sur l’iPhone, ni sur l’iPad, quant au Mac, c’est limite : « Apple ne gère pas Flash sur l’iPhone, car il est bogué et quand un Mac plante, la plupart du temps c’est à cause de Flash. » Et pourquoi ? Parce que, chez Adobe, « Ils sont feignants. Ils ont pourtant le potentiel pour faire des choses intéressantes, mais refusent de l’exploiter. Ils n’ont jamais rien fait pour mettre à profit les avancées d’Apple. »

Quant à Google, ça sent clairement le règlement de compte. Steve Jobs leur reproche d’être déloyal : « Nous ne sommes pas entrés dans le business des moteurs de recherche et ils sont entrés dans celui de la téléphonie sans se cacher de vouloir créer un iPhone killer. Nous ne les laisserons pas faire. »

Cela, c’est pour la bataille de chiffonnier mais essayons de comprendre quels sont les enjeux de ce combat.

Les enjeux

Revenons un peu en arrière. A l’époque, c’était la guerre du matériel Mac / PC, puis la guerre des OS MacOs / Windows.
Puis il y a eu la bulle du Web2, la vague du tout online : Netvibes, Google docs, Zoho, Thinkfree et les autres vous promettent d’avoir votre bureau entier en ligne n’importe où. La course était donc à l’appli web qui gère toute votre vie numérique.
Tout l’enjeu maintenant, c’est la position intermédiaire : le navigateur, qui fait le lien entre l’OS et l’appli web. Microsoft roupillait sur sa position dominante en ayant soigneusement tué Netscape et en ayant volontairement violé toutes les règles du W3C. ( Pour empêcher l’émergence des concurrents qui ne pouvaient pas s’imposer car tous les sites web étaient optimisés pour IE, un navigateur ne respectant pas les standards et les sites s’affichaient mal sur les navigateurs qui les respectaient). IE s’est donc fait tailler la vedette par Firefox, un modèle ouvert, à but non lucratif, mais solidement financé et donc impossible à tuer 😉
Malgré un avantage incroyable : celui de pouvoir être équipé par défaut sur la grande majorité des nouveaux ordinateurs, Internet Explorer n’a jamais vraiment remonté la pente.
Apple n’était pas vraiment dans la course avec Safari mais avec la position de leader de l’iPhone et de son navigateur Safari sur celui-ci, il devient de fait leader des navigateurs internet pour mobile.
Quand on sait que les pays émergents ne passeront pas par l’internet filaire (ADSL) mais directement à l’internet sans fil (3G), on voit que l’avenir des terminaux internet est dans le mobile. On dit souvent (pas réussi à trouver de texte de référence là dessus, si vous en connaissez, ajouter la en commentaire) que le 2ème milliard d’internautes se connectera sur mobile. C’est pour cela que Apple et Google y viennent.
Mais pas pour les mêmes raisons : Google pour imposer son moteur de recherche et ses publicités, Apple pour vendre les matériels et les biens culturels (musique, films, applications)

La relation entre Google et Adobe

On peut en effet se demander si ces deux attaques sont liées, ou sont juste consécutives par hasard.
Pour ma part, c’est absolument lié.
Google concurrence l’iPhone avec Android et ses GooglePhones, mais aussi avec son navigateur Chrome qu’il pousse maintenant directement sur sa homepage, avec un logo bien voyant.
Dans la course de la concurrence, l’arme d’Apple c’est l’innovation et les produits fun et techniquement à la pointe. Et c’est là que Adobe entre en scène.
Flash jouit aujourd’hui d’une situation de quasi-monopole tant ses concurrents sont incapables de décoller.
Aujourd’hui, le principal usage de Flash est pour la vidéo, Youtube, Dailymotion utilisent ce format.
Malheureusement pour Apple, cette situation de monopole et de relative satisfaction des utilisateurs empêche l’émergence d’un besoin de nouvelle technologie : HTML5 (qui permet de notamment de lire les vidéos et de générer des animations sans plugin, alors que Flash nécessite le plugin du même nom).
Tout le monde a Flash sur son navigateur et ça lit les vidéos, alors pourquoi changer ?

Conclusion

On voit bien que pour contrer Google sur la navigation mobile, Apple doit percer sur le marché des navigateurs Mobile et Desktop (car c’est aussi sur Desktop que les développeurs Web doivent considérer Safari)
Pour percer sur ce marché, Apple doit imposer son navigateur internet à la pointe de la technique et donc réduire les freins à son adoption et doper les motivations à l’utiliser
Pour ce faire, pénaliser Flash est trop tentant.
Steve Jobs joue donc au champion du monde : Je suis leader mondial des navigateurs mobiles, c’est aux webmasters à s’adapter à moi. S’ils veulent que leurs visiteurs puissent lire leurs vidéos sur iPhone, qu’ils adoptent HTML5. Et donc Safari devient utile aussi sur Desktop (car il supporte HTML5 et pas les autres), donc Safari peut être adopté par les foules.

Et l’intérêt de l’utilisateur ? (aparté hors sujet)

Business first, customers after. Bref, on l’a compris, ces choix stratégiques ne sont pas faits pour l’intérêt des utilisateurs mais bien pour pousser à la consommation. Le modèle de Apple marche bien : peu de produits, gamme restreinte donc, mais qui se renouvelle souvent, avec toujours un petit plus pour donner envie d’upgrader.

Franchement, si l’iPad avait eu toutes les fonctionnalités dans sa première version (la webcam par ex), comment faire pour donner envie d’acheter la prochaine version ? Tout le jeu subtil de Steve Jobs est de satisfaire le client en le frustant pour garantir qu’il repassera bientôt à la caisse.

iPad est fantastique, superbe, génial, incroyable, extraordinaire (vidéo humoristique)

Et pour la route, toujours hors sujet, la vidéo de Neil Curtis, un remix des mots de la Keynote d’Apple

  • http://blog.spalistik.com Skwi

    L’analyse est juste, mais je pense que cette guerre des navigateurs n’est pas la raison principale de l’absence de Flash sur l’iPad et l’iPhone.
    Selon moi, la présence de Flash sur Safari mobile signerait la fin de l’App Store. Et vu le nombre d’applications vendues sur cette place de marché, la marge de 30% prise par Apple a du leur rapporter un chiffre d’affaire dont ils n’ont pas vraiment envie de se passer.

    L’arrivée d’HTML 5 donne tout son sens à ce billet, mais l’absence de Flash est plus ancienne et la décision semble avoir été prise pour une rentabilité à court terme, même si elle a effectivement ouvert une stratégie rentable.

  • Marc Thouvenin

    L’argument de la rentabilité est pertinent.
    Par contre, la décision de ne pas prendre en charge Flash était encore plus ancienne que l’App Store, car rappelons nous qu’au lancement de l’iPhone, il n’était pas question pour Steve Jobs d’accepter les applications tierces. C’est la pression de la communauté qui a fait plier Apple sur ce point. Et cela s’est avéré un business juteux.
    Cela dit, c’était peut-être une manipulation d’Apple : communiquer sur la fermeture de la plateforme en espérant que la communauté réclamerait des applications tierces. Créer un manque pour mieux le combler… Apple sait le faire en créant un effet de pénurie lors du lancement de ses produits (volontairement ou involontairement)
    Ton argument expliquerait alors que Apple empêche dès le début la cannibalisation de ses applications natives par des alternatives en flash.
    Cela dit, si l’intégration des fonctionnalités natives de l’iphone étaient impossibles sur les applications en Flash dans Safari, on arriverait au même résultat (protéger le modèle économique de l’appstore) mais sans priver les internautes des applications classiques Web comme la lecture des vidéos, par exemple.

  • http://blog.spalistik.com Skwi

    Je m’incline, j’avais pas vu aussi loin ^_^
    Ceci dit ça restait un paris risqué, car HTML5 était relativement flou à l’époque et Safari mobile aurait pu rester au stade de navigateur limité ou alors s’avouer vaincu et intégrer Flash.
    Du coup ça explique aussi l’investissement d’Apple dans le développement d’HTML5.

  • IBuzzyoucom

    Je pense comme Skwi que l'ajotu du flash sur iPhone détruirait tout le business qu'Apple a créé avec son App Store en effet tous les utilisateurs préféreraient utiliser des donnés en Flash disponible sur le web, non ?

  • Marc Thouvenin

    Oui, Léo c'est effectivement un point important, mais en réalité, les applications Web sur Safari iPhone existe déjà et elles sont moins populaires que les applications natives.
    Flash ou pas, ça ne changerait pas grand chose, car les applications Flash n'auraient pas accès au GPS et autres fonctions natives. Elles seraient donc moins « utiles » que les applis natives, donc moins populaires.

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