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Predictions 2008 – Retrospective plutôt : 13 ans déjà

Désolé mais après avoir des dizaines de posts relatant leurs prévisions toutes plus réalistes ou plus fantaisistes les unes que les autres, j’en arrive à dire que l’exercice est dépassé. En fait, tout le monde se trompe, beaucoup ou un peu. Et puis tout le monde dit qu’il n’aime pas trop le principe mais il le fait quand même. Enfin, les prévisions sont toutes impersonnelles, elles parlent toutes de l’avenir de l’internet, des grands succès de demain, mais ne se focalisent pas sur notre petit (ou gros pour certains) ego de blogueur.

13 ans, déjà… Oui je vais faire une retrospective plutôt qu’une prévision. Attention, cela ne veut pas dire que je n’ai pas d’idée sur ce que sera l’internet de demain. C’est juste pour montrer que parfois, dans l’agitation et la passion de notre métier, il faut parfois savoir se poser et regarder derrière soi. L’internet a cet avantage que les autres industries n’ont pas. Dans notre métier, la capacité à lire dans la mare de café n’a pas tant de valeur que cela. Pourquoi ?
Simplement car en marketing web, le prototype coûte moins cher que l’étude de marché, il est plus rapide aussi. Donc, dans ce domaine plus que dans tout autre, on peut préférer la réactivité à l’anticipation.

Une fois n’est pas coutume, sur mon blog, je vais flatter un peu mon ego et parler de moi, juste de moi 😉

Il y a 13 ans, donc, en 1995, je découvre internet dans le centre informatique de l’Ensam à Bordeaux, où je commençais mes études d’ingénieur Arts et Métiers.
On m’a créé un compte mail, un login de connexion au net et on m’a expliqué qu’on était « sur écoute », les fameux logs que j’ai découverts plus tard.

Oui et alors ? Et bien contrairement à de nombreux professionnels de l’internet, je n’y ai rien vu de formidable, je ne me suis pas dit : L’internet va changer le monde ! Non, rien de révolutionnaire en fait. La révolution c’était la télématique (en gros le minitel) pas l’internet. L’internet n’était qu’une évolution.

A la fin de mes études, en 1998, j’ai quitté la France pour travailler au Maroc comme responsable Logistique puis comme responsable Méthodes industrialisation, pour la société Valeo. Grosses responsabilités, une équipe de
35 personnes à encadrer, un chiffre d’affaire de 200 k€ par jour à livrer en 3 jours avec une commande ferme à 3 jours. Du juste à temps comme ils disent.
Dans ce métier, les outils de communications sont essentiels pour l’efficacité. Avec plus de 1000 personnes sur le site, dont 100 en encadrement et structure, il y avait 5 postes connectés à internet en 2001 quand j’ai quitté.

C’est pendant cette période, que j’ai compris que toute l’industrie et même toute la société active avait besoin d’un média bidirectionnel et structuré pour faire face aux enjeux du 21e siècle.
Curieusement, c’est après l’effervescence de la bulle internet, et surtout après son éclatement, que j’ai décidé de devenir un professionnel de l’internet.

Cadre expatrié en Afrique dans une multinationale industrielle automobile veut travailler dans l’internet… Vous pensez bien que cela n’a pas été simplissime de chercher un job dans le domaine après la bulle. J’ai donc cherché une transition. Responsable industrialisation de Kis, une société spécialisée dans la fabrication de machines photographiques : tireuses professionnelles (j’ai mis sur le marché le DKS 1500 en partenariat avec Kodak) et photomaton.

Très intéressant mais pas assez ouvert comme business. En fait, je crois, avec le recul que je n’étais pas à l’aise avec la production de produits hightech B2B.

Finalement, j’en suis arrivé à la conclusion que la seule solution qui s’offrait à moi pour m’insérer dans le domaine, c’était de développer une idée et de créer une entreprise. C’est cela qui m’a mené à Marseille puis rapidement au Cern à Genève où j’ai travaillé dans le cadre d’un programme de transfert de technologie.

C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Pierre Chappaz qui m’a ensuite introduit à Tariq Krim. Netvibes a été ma première vrai expérience Web grand public, c’était en juin 2006, il y a un an et demi. J’en profite pour les remercier d’avoir cru en moi et de m’avoir offert cette opportunité.

Maintenant, what’s next ?
Dans les prochains mois, les évolutions du secteur vont se concentrer autour

  • de l’identité numérique (openid) : éviter de remplir les mêmes formulaires sans arrêt, maîtriser l’usage de son nom, etc
  • des nouveaux modèles économiques : le tout gratuit financé par de la pub ne donne pas totale satisfaction. Les projets comme Hellotipi financé par Pierre Chappaz, un fervent défenseur du modèle publicitaire, en est une des prémices. Les médias souffrent de la faible rentabilité du web dans leur activité
  • de nouvelles structures de financement de startup : beaucoup de compétences, de talents et d’energie, mais encore assez simple d’accéder à l’argent nécessaire pour les concrétiser
  • des projets opensource : à l’instar de Firefox et autres Linux, PHP, mySQL, la plupart des fonctions classiques seront accessibles sur ce modèle. La différentiation se fera sur le produit, le service rendu et le modèle économique, plus sur les technologies qui le composent.
  • de l’évolution des modèles complètement propriétaires vers des modèles « plus » ouverts. Facebook finira par aller vers Opensocial. Les DRM sont malades, sauf pour Amazon qui s’entête… Les services captifs n’ont plus la cote.

Bon, j’avais dit « pas de prévisions »… 😉 Je voulais juste dire qu’il y avait beaucoup de défis à court terme, et je compte bien y apporter ma modeste pierre à l’édifice.
Meilleurs voeux pour 2008.

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